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 Degré de naturalité d'un jardin

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Fredles



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MessageSujet: Degré de naturalité d'un jardin   Ven 10 Fév 2017 - 12:39

J’ai vu passer il y a quelques temps, quelque part (le site des Jardins de Noé peut-être ?), la notion « d’indice de naturalité » des jardins. Ce n’était peut-être pas tout à fait écrit comme ça, je ne sais plus trop. Je crois que c’était dans le cadre d’une enquête sur les escargots ou les papillons dans nos jardins. Pour résumé, d’après mes souvenirs : accompagnant les relevés d’observations (quel animal observé, à quel date, etc.), un tableau avec plusieurs colonnes à remplir permettant d’évaluer le degré de « naturalité » du jardin dans lequel est observé la bête. C’était assez simple et finalement peu développé : y-a-t-il un tas de compost dans le jardin ? Un tas de pierres ? Des endroits sauvages laissés à la nature ?, etc.

Ma question : existe-il des outils plus élaborés permettant de se positionner par rapport à un jardin « idéal » pour la biodiversité et plus généralement, pour le respect de la nature ? Quelque chose qui me permettrait de savoir si mon jardin est « accueillant » pour la nature, s’il est effectivement respectueux de l’environnement, s’il joue bien son rôle – comme je l’espère – d’ilot préservé.

Je prends un très grand soin à essayer d’avoir un jardin (et une maison) la plus respectueuse possible de l’environnement – en tenant compte de mes propres plaisirs (je continue de regarder la télé !). J’essaie surtout de faire en sorte que mes activités de jardinage soient le plus « neutres » possible en ce qui concerne leur impact sur l’environnement, tout en préservant mon propre plaisir de jardinier (je continue de commander des plantes par correspondance, par exemple). L’idéal, ce serait même que mes activités, au niveau de mon petit jardin, soient favorables à l’environnement.

Parfois, je me demande si mes actions, mes choix, ont un impact réel.
Je conserve des touffes d’orties, je nourris les oiseaux l’hiver, je n’utilise aucun produit chimique (voir aucun produit du tout, même ceux tolérés en agriculture bio), je ne détruis pas les escargots, etc. : comment je peux mesurer ce que valent mes actions ?
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Ven 10 Fév 2017 - 18:43

La question est hyper intéressante mais difficile d'y répondre.
Dans un jardin, la simple présence d'un chat peut modifier sérieusement la donne... Il y a aussi des animaux qu'on ne voit pas comme les musaraignes.
De façon plus générale, un îlot préservé au sein d'un environnement dommageable n'a que peu de valeur, mais c'est déjà ça !
Peut-être peux-tu compter les papillons que tu vois ? Nombre, espèces, présence de chenilles, et voir si à terme il y a une évolution... Petite expérience personnelle : j'ai pas mal de choux et j'avais laissé les chenilles de piérides, espérant revoir des papillons plus nombreux. Mais il y a eu parasitisme et sont sorties plein de petites guêpes. Rien donc de "gratifiant", pourtant il y a eu tout de même au final plus d'insectes... Bref, c'est clairement pas simple...
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Lun 13 Fév 2017 - 0:04

La question est en effet bien difficile et je ne peux qu'apporter que quelques éléments de réponse.
Un jardin, presque par définition, n'est pas naturel : on plante, on coupe, on taille, on arrache... beaucoup de plantes ne sont pas autochtones etc. Le degré de naturalité d'un jardin ne veut donc pas dire grand chose pour moi. Difficile d'avoir le degré de naturalité d'une pelouse sèche, d'une prairie oligotrophe ou d'une tourbière.
Un jardin est bien souvent trop petit pour que les indicateurs de biodiversité comme le nombre d'espèces puissent être valables. Cet indicateur est de toute façon fonction de la surface, de la pression d'observation et doit être comparé à un habitat plus ou moins identique. On ne compare pas la biodiversité d'une forêt avec celle d'une prairie. Et puis un milieu naturel même de très haute valeur écologique ne veut pas forcément dire un milieu avec beaucoup d'espèces (cf. sansouïres, plages, hautes pelouses alpines...)
L'impact d'une activité se mesure en comparant l'environnement avant et après l'activité. Pour le jardin, ce que tu décris fait au sein d'un milieu naturel pourrait avoir un impact négatif très fort alors qu'il pourrait avoir un impact positif s'il était fait à la place d'un champ de céréales.
On peut aussi comparer par rapport à ce qui se fait dans d'autres jardins comparables...

Globalement, les actions qui permettent de maintenir vie et diversité en cohérence avec son environnement sont favorables. En reprenant l'exemple de Bio, en laissant les chenilles se développer, il a permis à un parasite de se développer. Il n'a pas vu plus de papillons attendus mais peu importe, il a permis à une petite chaîne alimentaire de se créer. En faisant un compost, ce sont des larves de cétoines, de cloportes et toute une faune qui s'installe. En laissant grainer une partie de sa "pelouse", on accueille des criquets, sauterelles, diptères, petits charançons granivores... et on peut espérer voir se diversifier sa "pelouse". En n'arrosant pas cette "pelouse", on favorise les plantes locales. En laissant un tas de sable, de pierre ou de bois, c'est encore un autre petit monde qui trouve à s'installer.
Pas besoin de quantifier, de dénombrer, de dénommer pour voir le résultats de ses actions. Regarder les insectes sur une ombelle de carotte, soulever une pierre, voir une luciole un soir de juin, un machaon pondre sur un fenouil me suffisent largement pour me dire que je ne dois pas avoir tout faux en matière de jardin "naturel" même si je pourrais encore faire mieux.
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Lun 13 Fév 2017 - 1:02

Très jolie réponse de Karaba. Ca me fait penser aussi que l'enfer est pavé de bonnes intentions... Un exemple classique est le buddléia : magnifique arbuste qui, surtout, est un étonnant garde-manger pour une quantité incroyable d'insectes (papillons bien sûr, mais aussi abeilles, cétoines, araignées...). Mais l'espèce type est aussi très envahissante. Je ne sais si elle prend réellement la place d'une espèce autochtone en colonisant les friches, mais on peut transiger entre ces 2 aspects contraires en choisissant des cultivars et en empêchant de grainer...
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Lun 13 Fév 2017 - 9:12

ma fois, la réponse de Karaba me parle bien.
mon jardin il y a 12 ans était un champ de céréales traité à l’excès. Chaque année , nous avons observé l'apparition de nouvelles espèces, mais également une évolution. par exemple, entre 3° et 6° année, nous avions des rouges-queues qui nichaient: il y avait seulement une haie dense; mais plus maintenant alors que le jardin est plus arbustif, nous avons maintenant des hypolaïs nicheurs bien fidèles (en plus des mésanges et merles bien sûr, pic vert) et cela malgré le chat. des petites chauves-souris aussi.
-l'espace naturel alentour n'existe quasiment plus tellement c'est dégradé par les constructions- pale

ce qui me plait aussi , c'est de montrer les bestioles aux enfants qui viennent dans le jardin, parce que çà leur enlève la terreur des bébêtes: un nid de bourdons, beauté d'une araignées frelons, les bébé grenouilles sur la terrasse, et les tritons qui sont toujours les plus appréciés .. avec en sus, un petit discours sur leur déclin et leur protection.

j'ai même une copine , pure citadine, qui enfin ne craint plus les grenouilles!

par contre , là où je suis assez fière de mon mini espace naturel, c'est dans le bassin. un bassin sans poisson rouge, seulement pour des plantes. Jy ai 3 espèces de tritons, quelques grenouilles, des demoiselles, des libellules... là rapidement , tu vois une évolution de la quantité des espèces naturelles. mais faut apprendre au chat à ne pas attraper les libellules.
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Fredles



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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Lun 13 Fév 2017 - 15:31

C’est bon en effet de rappeler qu’un jardin est par définition tout sauf naturel. Mais Je suis convaincu qu’un réseau de jardins respectueux de la nature peu avoir un impact non négligeable sur la préservation de la nature. Et en tout cas, nettement plus qu’un grand carré de pelouse traité contre les mousses et entouré de thuyas…

Je pense que mes pratiques sont bonnes. Mais j’aimerais les évaluer pour savoir si elles sont utiles.
Et puis je dois sans doute passer à côté de certaines choses. Des choses importantes que je devrais faire ou ne pas faire.

En tout cas, merci de vos réponses.
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Lun 13 Fév 2017 - 17:19

C'est évident qu'un réseau de jardin peut permettre le maintien de populations d'insectes, de reptiles, d'amphibiens, de petits mammifères voire d'oiseaux.
Cela devient par contre plus difficile d'évaluer si elles sont utiles et ce qu'il manque :
- Utiles oui, mais à qui ? à soi ? au plus d'espèces possibles ou à certaines en particulier ? La touffe d'ortie sera utile au vulcain, la petite tortue et le paon du jour, la mare aux tritons, grenouilles notonectes et moustiques, la friche caillouteuse à l'Oedicnème, le champ de céréales d'hiver au Busard cendré. Dans un espace donné, on ne peut tout avoir, il faut faire des choix. C'est ce type ce choix que l'on fait quand on rédige le plan de gestion d'un espace naturel : quelle espèce vaut-il mieux privilégier au risque d'en défavoriser une ? Se posent alors d'autres questions dont pourquoi telle espèce et pas celle-là ? ou vaut-il mieux pleins d'espèces communes ou quelques rares ? ou une espèce mérite-t-elle plus qu'une autre qu'on s'intéresse à elle ? Je vous laisse débattre Laughing
- ce qu'il manque rejoint le point précédent : pour qui ?

Si je pose ces questions, c'est que je ne veux ni ne peux donner de réponses toutes faites. La connaissance de son environnement, des espèces présentes et potentiellement présentes aux alentours, la surface du jardin et les moyens (y compris la volonté) qu'on est prêt à y mettre aident à y répondre.

Si je peux me permettre d'émettre quelques pistes quand même, un jardin peut servir de relais à des espèces et des habitat en fort déclin. Je citerais
- les zones humides. chose possible à faire une mare (Véro a raison d'être fière de son bassin sans poisson)
- les pelouses dites oligotrophes (faibles en nutriments) quelles soient sèches, humides ou entre les deux. chose possible à faire : faucher tardivement en enlevant le foin, faire de la gestion différenciée (tondre près de la maison mais ne faucher qu'une fois par an dans un coin du jardin), laisser fleurir et grainer les plantes de la "pelouse".
- le bois mort. chose possible à faire : laisser un tas de bois mort se décomposer dans un coin, l'alimenter avec des branches issues de tailles.

2-3 choses à ne pas oublier :
- le gîte ne sert pas à grand chose s'il n'y pas le couvert et vice-versa ;
- le gîte et le couvert ne servent pas s'il n'y a personne à accueillir ;
- Nichoirs de toutes sortes : à oiseaux de différentes tailles/types, à insectes, à muscardin, à bourdons, à chauves-souris, gîte à hérisson... ;
- laisser des tas de pierres, de sable, de bois, d'herbe ;
- bannir les plantes envahissantes, limiter les plantes exogènes, favoriser les plantes indigènes ;
- ne pas exclure une espèce pour délits de sale gueule (chardon, ortie, araignée, serpent, mulot...)

Il y a aussi des actions qui s'inscrivent dans une démarche plus globale comme éviter les composts avec de la tourbe, les cultivars, les grandes enseignes, favoriser le bio, limiter la terre nue en hiver, protéger la terre en paillant afin de limiter l'arrosage, éviter tout intrant, tout produit chimique...

Voilà ce qui me passe par la tête mais je dois encore oublier pleins de choses !
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Lun 13 Fév 2017 - 19:11

Ces remarques me font aussi penser à un film-reportage sur le jardin permaculturel. Même si je ne suis pas d'accord sur tout, notamment sur l'utilisation de films plastique que recommandent l'auteur, on y trouve quand même des remarques d'intérêt.
Puisqu'un jardin est... un jardin, et non un milieu naturel, on peut y avoir de nombreuses activités non naturelles mais utiles à la nature. Après tout, en Europe, nombre d'espèces (orchidées par ex.) ont profité de la déforestation et donc de l'anthropisation.
Ainsi, pour faire le lien avec ce que dit Karaba, on a tout intérêt à avoir des arbres fruitiers, et notamment des pommiers, dont les pommes à terre vont nourrir "naturellement" de nombreux hôtes en automne et en début d'hiver. On peut aussi recommander les ruches, quitte à les faire entretenir par un apiculteur : elles trouveront souvent plus à manger chez nous que dans la nature, mes bulbes d'hiver (Galanthus) sont là pour le prouver...
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Mar 14 Fév 2017 - 7:27

Ce que je fais :
- beaucoup d'espèces végétales
-ne pas traiter
-laisser les fanes des plantes jusqu'au printemps. c'est une peu moche en hiver, mais j'imagine que çà sert d’hôtel à insectes. puis lorsque je les enlève au printemps, je ne les jette pas , mais soit je les laisse au pied des plantes , soit je les met en tas à décomposer. l'avantage, c'est que c'est presque déjà décomposé. et que la terre est plutôt protégée des pluies; par contre, je m'attend à un sacré boulot ce printemps.
-maintenir de l'eau dans le bassin pendant les périodes de sécheresse

rien que çà, et nous avons beaucoup plus d'espèces que chez nos voisins proches.
il n'est pourtant pas très grand.

sur le fenouil vulgaire, on a une bonne idée de l' état de la faune du jardin et les évolutions d'une année sur l'autre. le jardin est malheureusement très sensible aux facteurs extérieurs: (traitement dans le champ voisin entre autres). par exemple, mes makaons ont disparu, il y a de nombreuses vagues de mortalité des bourdons.

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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Mer 15 Fév 2017 - 16:47

Encore merci à tous pour vos réponses.

En vérité, je fais déjà presque tout ce que vous faites, du coup, ça me conforte dans mes choix (j’ai tendance à toujours douter). Et je fais mienne cette phrase : « dans un jardin on peut avoir de nombreuses activités non naturelles mais utiles à la nature » !

Je reviens aussi sur l’idée de ne pas chercher à tout avoir, de faire des choix. A trop vouloir en faire, j’ai parfois peur de mal faire. Un exemple : à vouloir mettre des nichoirs à insectes partout, n’en vient on pas à faire des cantines pour les oiseaux ? Dans un petit jardin, c’est difficile de vouloir accueillir et des oiseaux et des insectes. Il faut peut-être en effet faire un choix. Et surtout bien comprendre son environnement.

Egalement, ce qui me laisse parfois perplexe, c’est la multitude de conseils qu’on trouve tant dans la littérature plus ou moins spécialisée que sur les sites internet (ou même les forums) : je me retrouve comme une poule devant un couteau devant des choses de temps en temps contradictoires. Un exemple : dans « Les Insectes Au Jardin - En Quête D'un Jardin Écologique », l’auteur Eric Grissell dit qu’il écrase carrément les abeilles domestiques quand il en voit dans son jardin (un peu brutal tout de même… mais j’ai retrouvé la même idée un peu partout : privilégier les abeilles sauvages) car elles concurrenceraient les abeilles sauvages. Alors tantôt je lis que les ruches sont positives pour l’environnement, tantôt je lis que les abeilles domestiques sont d’horribles mégères dominatrices qui pillent les jardins au détriment des autres insectes : qui croire, que faire ?
Je peux bien entendu me forger ma propre opinion à force de lectures, mais je ne suis qu’un jardinier amateur qui n’a pas toutes les clés pour faire un choix éclairé !

Autre chose aussi : j’ai parfois l’impression d’être « enfermé » dans mes certitudes, malgré mes nombreuses lectures. J’ai longtemps pensé que les arbres taillés en têtard étaient une hérésie, une sorte d’insulte faite aux arbres. Jamais personne ne m’a expliqué l’intérêt écologique de ces arbres (sans parler de l’aspect culturel). J’ai découvert tout ça assez récemment (avec le très beau livre « Les trognes », par exemple).

Tout ça pour dire qu’il me manque un outil qui me permettrait :

- De savoir ce qu’il faut faire ou pas dans mon jardin, une sorte de guide pratique qui ferait un peu consensus dans la communauté des jardiniers et des scientifiques (écrit à plusieurs mains/organismes, par exemple) ;
- De comparer mes pratiques à celles d’autres jardiniers plus expérimentés et surtout très soucieux de la protection de l’environnement (car on trouve aussi des jardiniers expérimentés qui défendent l’utilisation du Roundup par des particuliers : ceux-là ne m’intéresse pas du tout…) ;
- Éventuellement, de « noter » mon jardin.

Il existe bien entendu, des livres, des blogs, des revues qui dispensent tout un tas de conseils très précieux. Mais je trouve qu’on est souvent dans le « moi je fais comme ça » et que les explications sur le pourquoi « moi je fais comme ça » sont souvent un peu légères…
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Mer 15 Fév 2017 - 19:33

Pour les abeilles, je pense que les sauvages n'ayant pas le même habitat que les domestiques (pelouse vs ruche), il n'y a pas compétition tant que, comme le dit Karaba, on leur assure le couvert. Et mon jardin a très certainement plus de fleurs en hiver avec les bulbeuses qu'aux alentours, et beaucoup au printemps avec les fruitiers, et encore pas mal en été (avec les sauvages !) et en automne (notamment avec les crocus)...
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Jeu 16 Fév 2017 - 0:19

Fredles a écrit:
Je reviens aussi sur l’idée de ne pas chercher à tout avoir, de faire des choix. A trop vouloir en faire, j’ai parfois peur de mal faire. Un exemple : à vouloir mettre des nichoirs à insectes partout, n’en vient on pas à faire des cantines pour les oiseaux ? Dans un petit jardin, c’est difficile de vouloir accueillir et des oiseaux et des insectes. Il faut peut-être en effet faire un choix. Et surtout bien comprendre son environnement.
Humm, ce n'est pas ce que j'appelle faire un choix. C'est par exemple, si le jardin est assez petit d'avoir une pelouse non fauchée et un espace plus entretenu, d'avoir une mare, un tas de bois et un potager, d'avoir une haie libre et espace ouvert bien ensoleillé... Fondamentalement, les nichoirs à insectes que l'ont fait sont des nichoirs à hyménoptères qui ne sont pas mangés par les oiseaux exceptés le guêpier. Et puis même si c'était le cas, il faut bien que tout le monde mange (comme dirait le papa éléphant dans l'enfant d'éléphant). Ca serait comme ne pas vouloir laisser pousser le plantain dans la pelouse parce qu'il risque d'être mangé par des chenilles de mélitée. Plus il y a de nourriture, plus il y a de mangeurs/prédateurs mais c'est bien cette nourriture de base qui est nécessaire et s'il y a plein de nichoirs à insectes mais pas de fleurs à butiner, ils ne serviraient à rien. Il ne faut pas chercher à créer un équilibre, celui ci se fait tout seul.

Fredles a écrit:
Un exemple : dans « Les Insectes Au Jardin - En Quête D'un Jardin Écologique », l’auteur Eric Grissell dit qu’il écrase carrément les abeilles domestiques quand il en voit dans son jardin (un peu brutal tout de même…  mais j’ai retrouvé la même idée un peu partout : privilégier les abeilles sauvages) car elles concurrenceraient les abeilles sauvages.
Je ne qualifierais pas la pratique histoire de rester poli. Quand je regarde des livres sur des sujets que je connais un peu mais que j'aimerais compléter, j'ai souvent un petit test rapide sur un sujet que je connais bien. Par exemple, s'il préconise un chat pour lutter contre les mulots, aller hop, je referme. Sûr que si je voyais ce conseil sur les abeilles, je ne lirais pas une ligne de plus.
Quelques arguments : une ruche moyenne a environ 40000 ouvrières qui doivent vivre 15 jours à l'extérieur. En écraser une, dix, cent par jour ne modifie pas grand chose alors qu'il en nait et meurt environ 1000 par jour... Par rapport à la concurrence supposée avec des abeilles sauvages, je ne me suis pas particulièrement intéressé au problème mais je n'ai jamais vu une abeille domestique attaquer une abeille sauvage. La compétition à la ressource ? bof, les abeilles sauvages souffrent surtout du manque de diversité des prairies qui sont trop amendées, des insecticides systémiques, du manque de site de reproduction

Fredles a écrit:
Autre chose aussi : j’ai parfois l’impression d’être « enfermé » dans mes certitudes, malgré mes nombreuses lectures. /.../  Mais je trouve qu’on est souvent dans le « moi je fais comme ça » et que les explications sur le pourquoi « moi je fais comme ça » sont souvent un peu légères…
J'ai mis en parallèle 2 extraits pour monter qu'en fait, beaucoup d'auteurs sont aussi enfermés dans leurs certitudes. On est tous enfermés dans nos petites certitudes, habitudes, contradictions. Il faut effectivement rester ouvert tout en connaissant les bornes à ne pas franchir et parfois faire ou accepter des choix : je n'ai pas su refuser un chat à la maison...

Pour ce qui est du livre consensus, il n'existe pas. Il n'y en a même pas l'ébauche. Pour faire consensus, il faudrait qu'il y ait des choses prouvées, des choses sur lesquelles s'appuyer. A part des choses de bon sens, il n'y a aucun travail scientifique dans ce domaine, juste quelques tendances, quelques preuves que les pratiques classiques en faveur de l'environnement lui sont réellement favorables (cf les conclusions de l'observatoire des papillons et pollinisateurs, cf quelques études sur l'agriculture bio etc...). Alors cela restera longtemps du "moi je fais ça" (si ce n'est encore pire avec du "il faut faire ça") mais ce qui est plus utile c'est le "moi j'ai fait ça et j'ai eu ça".
Pour partager et comparer, il y a déjà ici, sur le forum. Il y a des rubriques sur les pratiques du jardinage mais aussi sur les hôtes du jardin, les plantes sauvages etc.
Pour la note, cela n'existe pas et n'est pas prêt d'exister non plus de façon pertinente. On arrive vite au dilemme : facile pour le plus grand monde mais imprécis et peu utile dès que quelques pratiques sont mises en place, plus détaillé mais demandant presqu'un expert pour noter et nécessitant une usine à gaz pour mettre en place et calibrer. Au final, pour une note ? Comme un camping qui doit avoir la piscine pour la 4è étoile alors que des petits campings municipaux avec un vieux bloc sanitaire n'en ont qu' 1 ou 2 mais un calme absolu, une belle vue, des gens souriants et un goût de revenez-y .
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Jeu 16 Fév 2017 - 7:40

l'évaluation de l'évolution de la biodiversité se fait par un système de comptage:
tu comptes chaque année ce que tu observes, par exemple:
les espèces d'oiseaux
les papillons
les coléoptères
quantité animaux dans 1 litre de sol ..
et tu compares l'évolution chaque année.

tout part du sol, de la diversité des plantes et de la présence de l'eau. C'est parce que c'est compliqué et peu connu,  mais en aval, on devrait déjà s'intéresser à la microbiologie du sol.

les oiseaux n'arriveront et ne nichent que s'il y a suffisamment de graines et d'insectes produits dans le jardin. ce n'est pas un choix entre les insectes et les oiseaux, c'est juste la suite naturelle.

pour te "noter", il faut le faire sur l'évolution de ton propre jardin. donc çà ne compare pas les jardins entre eux.
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   Ven 17 Fév 2017 - 10:02

Merci en tous les cas d'avoir ouvert ce sujet, Fredles. Ma réponse ne fait pas avancer, mais les vôtres sont réjouissantes à lire.
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MessageSujet: Re: Degré de naturalité d'un jardin   

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