Un petit mot sur mes énigmatiques
Saxifraga burseriana .
Cette endémique qui pousse sur des sols calcaires à l’est des Alpes, est présente au sud de l’Allemagne, en Autriche, en Italie et en Slovénie. De par ses répartitions dispersées et les différentes altitudes auxquelles on la trouve, (entre 600 et 2500 m) il ne faut pas s’étonner si de nombreuses formes ont été trouvées.
Généralement la plante est densément cespiteuse et forme de jolis coussins faits de feuilles raides dans des teintes gris verdâtres. (vert grisâtre ?) Les tiges florales sont rougeâtres, mesurent de 5 à 8 cm et portent une seule fleur blanche, une des plus grandes du genre.

Il arrive quelques fois que sur des sujets vigoureux il y ait de la place pour 2 fleurs, mais c’est rare. En s’épanouissant, les pétales qui sont plus ou moins dentelés, se mettent à l’horizontale et donnent l’impression d’une fleur encore plus grande.
En principe, l’espèce que je présente est
S. burseriana ‘Gloria’. Je l’ai ramenée de la foire aux plantules de 2006.
C’est un taxon qui aurait été découvert par Reginald Farrel en Italie, dans la région de Trento. Il en trouvera d’autres plus tard au sud du Tyrol. Qu’ont ils de si particulier ? Hé bien, les fleurs sont très grandes pour l’espèce, elles peuvent atteindre 2,5 cm de diamètre. Ces plantes étaient dispersées au sein de colonies de
S. burseriana var.
major. (qui soit dit en passant n’est plus reconnu comme variété par certains).
S. burseriana ‘Gloria’ n’est pas conseillée pour une rocaille en extérieur, sauf à la protéger des pluies hivernales sous lesquelles les belles et larges fleurs ne résisteraient pas longtemps. Normal, cette saxifrage veut fleurir tôt dans la saison, en février généralement. La culture reste néanmoins facile à condition de lui procurer un sol bien drainé et de la mettre en situation pas trop ensoleillée. (cette photo a été prise le 24 janvier).
Bof, finalement, j’ai déjà vu des fleurs de saxifrages plus grosses que celles là.

C’est peut être lié à la culture en pot. Ou alors ce n’est pas la bonne forme. M’ouais,

…. tiens,

… les pétales ont l’air bien dentés, crénelés, ……. mince, ce ne serait pas S
. burseriana ‘Crenata’ ?
Cette forme de
S. burseriana dont les pétales de ses fleurs sont crénelés a été aussi collectée dans les Alpes. Toujours de couleur blanche, elle aurait la particularité d’avoir une floraison plus longue que les autres et serait plus résistante aux aléas climatiques. Pour être honnête, ces aléas ne sont pas tout à fait les mêmes car la floraison est un peu plus tardive. De toutes façons, cela ne change pas grand chose car beaucoup d’amateurs avertis rattachent cette forme à
S. burseriana. C’est le moment de les comparer, j’ai aussi cette forme. C’est fou ce qu’il y avait comme saxifrages à la foire aux plantules de 2006, elle vient de là aussi. (photos du 14 février)

Et puis pour un joli coussinet, on repassera. Qu’est ce qui lui prend ? Ou alors,

….. serait ce encore une intruse ?
Qu’elles sont compliquées, ces saxifrages.

Je me demande si ce ne serait pas plutôt
S. burseriana ‘Crenulata’. Ça doit être çà. Les coussinets sont moins denses que la plupart des
S. burseriana et la floraison a lieu tôt en saison. Pas comme
Saxifraga burseriana ‘Crenata’
J’abandonne, Lucius va me donner sûrement la bonne réponse.
D’autres
S. burseriana ont été sélectionnées pour leur feuillage. On les trouve dans nos foires mais aussi chez quelques pépiniéristes. Leur particularité tient au fait que les coussinets sont très dense. Il y a
S. burseriana ‘Mangart’. C’est Eric Watson qui à trouvé cette forme en se baladant (pardon)

en botanisant dans les Alpes Juliennes, en Slovénie. Cette saxifrage à un port plus compact et est plus petite que l’espèce type. Parfait pour une auge.
Je la reprendrai en photo lorsque les fleurs seront écloses.
Il existe bien d’autres formes de
S. burseriana, il y a aura peut être à la prochaine foire aux plantules.
Alors, bien évidemment, avec une telle plante, c’était la porte ouverte aux hybridations et aux cultivars.
Et bien, cela fera l’objet d’une suite.